Le refoulement du père …
“Princesse Marie” est un film de Benoit Jacquot, diffusé sur ARTE ce vendredi 31 août, soit l’improbable rencontre du discours du maître incarné par Marie, descendante des Bonaparte, et du discours du psychanalyste incarné par Sigmund Freud – fondateur également nommé “père” de la psychanalyse.
Marie Bonaparte n’a pas entendu grand chose de ce que disait et écrivait Freud. Tout lui était bon pour assurer une maîtrise (interprétations à l’emporte-pièce, dogmatisme et les autres choses dont une traduction fautive des écrits de Sigmund Freud), ce qui est fort loin de la psychanalyse. La grande dérive moïque de la psychanalyse de la deuxième génération (en particulier aux États-Unis) a été soutenue par les sourds et muets de la psychanalyse.
Marie Bonaparte et Rudolf Loewenstein (qui sera, un temps assez court, le psychanalyste de Jacques Lacan) ont été (avec Sacha Nacht et quelques autres sourds et muets), non pas les passeurs, mais les introducteurs totalement inconscients de la psychanalyse freudienne en France. Ce qu’il faut bien considérer comme une introduction catastrophique car la transmission s’est faite selon un mode opératoire que la psychanalyse cherche à lever: le refoulement. Quelques uns pensent que la transmission de la psychanalyse a été conçue, par Sigmund Freud (désespérant quelque peu de son entourage psychanalytique), selon la voie du refoulement. C’est une hypothèse pertinente.
Le retour du refoulé ne s’est pas trop fait attendre: l’exclusion méthodique du nouveau (nouveau entendu comme scandale, venu du Réel, troublant la société ordonnée des bien-pensants). Il a fallu à Jacques Lacan un courage certain pour rompre avec son psychanalyste charlatan et la société psychanalytique des béni-oui-oui de la psychanalyse, pour faire un retour à la clinique freudienne et établir une théorie consistante du signifiant du Nom du Père susceptible de transmission.
