Le bien et le mal; le bon et le mauvais …
Il a fallu beaucoup de temps aux penseurs pour rompre, d’une manière décisive, avec l’archaïsme religieux du partage entre le bien et le mal. L’antagonisme bloqué entre le bien et le mal, qui participe à la structure du pouvoir, est un barrage contre l’intelligence humaine.
La partition psychique entre le bon dedans et le mauvais dehors est un progrès considérable car il ouvre un passage possible entre l’impensé et le pensable.
L’ancienne articulation entre le symbolisé (le bon dedans) et le Réel du non symbolisé (le mauvais dehors) était assurée par Le Livre en tant que création poétique fondatrice du judaïsme.
La rupture moderne de cette articulation est repérable dans le XVII ème siècle: Hamlet en est la figure emblématique. Le déchaînement du réel de la nature, ouvert par les sciences et les techniques, signifie le début de l’effondrement du religieux en occident et l’apparition du spectral: la présence du Père devient fantomatique, un spectre, à l’odeur insupportable, hante l’Europe: les sacrifices rituels génocidaires deviennent de plus en plus massif (boucherie bourgeoise de 14/18, génocides du National Socialisme hitlérien et du Socialisme stalinien …).
La nouvelle articulation entre le bon dedans et le mauvais dehors prend son essor avec l’invention du roman et les créations des grands textes (poésies, littératures, philosophies, psychanalyses …). Cette nouvelle articulation constitue une exonomie qui vient se substituer à l’ancienne hétéronomie.
La bibliothèque devient le lieu du passage entre le bon dedans et le mauvais dehors: le pensable, le possible (transpossible), le passage (transpassible) deviennent les vecteurs de la nouvelle humanisation.